Libéralisme et liberté d'expression

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Tandis que se multiplient les initiatives législatives tendant à réprimer la liberté d'expression au nom de la liberté d'expression, il nous a semblé opportun de proposer une synthèse libérale du sujet, avec les meilleurs auteurs disponibles sur la place francophone. Leur thèse est que la liberté d'expression doit être totale.

 

Quantité :

"Libéralisme et liberté d'expression".

Patrick Simon, "Les régressions de la liberté d'expression en France"
Jean-Philippe Feldman, "Par delà les affaires Dieudonné : Individu, Etat et Liberté d'expression en France"
Jean-Philippe Delsol, "L'Etat impotent et les fausses libertés"
Damien Theillier, "Pour un libre marché des idées et des opinions"
Pierre Bessard, "Liberté et responsabilité d'expression"
Philippe Nemo, "La régression de la pensée juridique française"
Henri Lepage, "Responsabilité et destruction du droit"
Drieu Godefridi, "De la criminalisation d'un regard à la négation du droit"

Ejan MacKaay, "Délire sécuritaire et bon sens scandinave"

Me Patrick Simon, Président de l'ALEPS, rappelle comment, avec les lois mémorielles, la multiplication des interdictions d'exprimer certaines opinions, puis la répression pénale croissante de tout ce qui est susceptible de porter atteinte aux tabous et dogmes véhiculés par une gauche bien pensante, la liberté d'expression et, par voie de conséquence, la liberté de pensée se trouvent de plus en plus emprisonnées par une toile d'araignée qui fait régresser notre droit vers l'archaïsme de formes de pensée magico-persécutrices. Dans une société libre, tout peut se dire, et donc se penser, car sans liberté de dire et de penser, il ne peut y avoir de vérité.


Au-delà du choc de l'événement, Me Jean-Philippe Delsol, Président de l'IREF, s'interroge sur la responsabilité même de l'Etat, et des idéologies qui lui sont aujourd'hui associées, dans le développement et la diffusion des germes de cette violence. Du fait de l'extension hypertrophiée de ses fonctions d'assistance, et du coût d'une fonction publique archaïque et inefficace, l'Etat n'est plus en mesure d'assurer les charges de ses fonctions régaliennes. Moyennant quoi, plus il dépense, plus il nourrit la contestation et, par sa prodigalité mal placée, alimente une poudrière qu'il n'a même plus les moyens de contenir. Enfin, en niant le fait religieux, et en s'appuyant sur la vision réductrice d'une laïcité militante et exclusive, seule à bénéficier du magistère de la parole, l'idéologie française dominante s'enferme paradoxalement dans le même moule que ses adversaires en faisant de la société politique la seule matrice des relations humaines ; une attitude qui, dans un cas comme dans l'autre, conduit inévitablement à réduire la liberté en la soumettant à un pouvoir unique.


Pour le professeur Damien Theillier, philosophe et président de l'Institut Coppet, le rôle du Droit est de sanctionner les actes qui violent le principe universel de non-agression, et non les paroles qui en aucun cas ne sauraient être assimilées à une agression physique , car c'est de la seule libre confrontation des idées et des opinions, même lorsqu'elles sont méchantes et haîneuses, que peut résulter le progrès de la connaissance du vrai. Partant de là, Damien Theillier examine les raisons morales, épistémologiques et politiques qui fondent l'impérative nécessité de s'opposer à toutes les tentations de limiter, ou même seulement de réglementer la liberté d'expression.

Directeur de l'Institut Libéral de Genéve (anciennement Institut Constant de Rebecque), Pierre Bessard rappelle que, dans l'usage d'une société civilisée, c'est le libre arbitre de chacun qui détermine ce qui peut être dit en quelles circonstances. La liberté d'expression, comme tous les autres droits fondamentaux, ne vaut que si elle s'accompagne de la responsabilité dans son usage.

 

Dans son petit livre « La régression intellectuelle de la France » (Texquis 2011, 2ème édition 2013), Philippe Nemo analyse les lois de censure type loi Gayssot, loi sur la Halde, lois dites « mémorielles » qui exposent à l'amende ou à la prison ceux qui osent dire certaines vérités contraires à l'orthodoxie régnante, ou seulement aborder certains sujets tabous. Dans cet extrait – repris sur le site internet de l'Institut Turgot - il met en lumière les dérives de notre droit qui autorisent désormais des juges, en contradiction avec toute l'histoire de notre tradition juridique, à procéder selon une logique holiste de type magique, fétichiste et obscurantiste, dont un certain nombre d'affaires récentes nous offrent un exemple.


Le principe de précaution n'a, à première vue, pas grand chose à voir avec la liberté d'expression. Mais son institutionnalisation dans le cadre juridique français (une initiative de Jacques Chirac) relève des mêmes processus de régression du droit. Dans ce texte, extrait d'un article publié en 2001 sous le titre « Le principe de précaution et la destruction du droit », Henri Lepage montre comment la perversion d'une notion aussi fondamentale que le concept de responsabilité gangrène tout l'édifice de notre droit et fait resurgir la toute puissance de l'arbitraire politique et juridique.

 

La loi devient parfois l’instrument et le levier de l’abus de pouvoir et de la déraison dans une société déboussolée. Un exemple de cette dérive : la loi relative aux violences faites spécifiquement aux femmes qui, fondée sur les apports de la théorie contemporaine du genre, institue la violence psychologique en délit pénal. La criminalisation de la violence de genre parachève un vaste mouvement européen de résurgence de l'arbitraire au cœur du droit pénal. Ce thème est celui que développe Drieu Godefridi, philosophe et juriste, dans son petit opuscule « De la violence de genre à la négation du droit » (Texquis, 2012), ici résumé en une brève synthèse.

 

Pour conclure, nous nous sommes tournés vers un ami canadien, Ejan MacKaay, professeur de droit émérite à l'Université de Montréal, qui a envoyé en postface à cet ouvrage collectif un billet (« Délire sécuritaire et bon sens scandinave ») où il pose la question de savoir jusqu'où une société veut aller pour protéger ses concitoyens contre le terrorisme.  Quelle est la bonne « balance sécuritaire » ?  Attention, avertit-il, la tentation de céder ne serait-ce que quelques pouces sur la liberté d'expression pour réduire les risques est elle même un pari fort risqué car elle ne peut se faire qu'au prix d'une dégénérescence de tout ce qui a permis le succès des pays développés.